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Un dialogue musical avec les plantes

Un dialogue musical avec les plantes

Pauline Mikó, comment l’idée du projet « Pluies » est-il né ?

Je savais qu’il était possible de faire de la musique avec des plantes. J’ai commencé des recherches, j’ai réalisé des tests, jusqu’à confectionner des câbles pour relier des électrodes aux feuilles, à la terre, et à mon corps. Quand je touche la plante, nous échangeons un circuit électrique de faible intensité qui envoie cette fréquence à un ordinateur. Il s’agit donc d’un trio entre la plante, moi et l’ordinateur.

Photography @alexandracolmenaresphotography

Comment le circuit électrique de la plante est-il transformé en musique ?

J’utilise un programme sur ordinateur, « Sound Plant 47 », qui traduit la donnée électrique en fréquences via un arduino. Chaque plante possède son identité propre : quand il s’agit d’une fréquence forte, par exemple, je la traduis par un son plus aigu. Et quand elle est faible, par un son grave. Je peux ainsi créer une harmonie entre les différentes fréquences des plantes. C’est ce que je fais en concert, avec mon « groupe», un ensemble de seize plantes… 

Êtes-vous à l’origine de ce projet sonore qui renforce la relation entre les plantes, la nature et l’être humain ?

Il existait déjà des programmes du même type, mais j’y ai ajouté ma propre sensibilité. J’y ai notamment apporté une touche de douceur en utilisant des électrodes que je pose sur les plantes, et non des pinces, qui peuvent traumatiser le végétal.

Les plantes ont-elles leur propre « personnalité » ?

Oui, en effet… Elles ont parfois peu d’énergie : dans ce cas, je remodule leur fréquence électrique pour pouvoir les écouter. Il existe une partie décisionnelle de la part de la plante et de créativité de ma part pour traduire la vibration en sons. Les plantes ont parfois leur mouvement d’humeur. Certaines espèces sont plus dynamiques que d’autres, notamment les plantes avec des feuilles très vertes et vivaces, avec plus de nervures… L’aloe vera, par contre, n’est curieusement pas très coopérative. Mais elle nous donne déjà tellement via son gel… Peut-être ne peut-elle pas être au four et au moulin en même temps… 

Pauline Mikó est artiste, mais pas une artiste comme les autres. Photographe de profession, elle aspirait à la dimension musicale, qu’elle a imaginé associer aux plantes. Le projet « Pluies » était né… L’artiste est aujourd’hui « traductrice de la musique des plantes » avec son groupe de seize « choristes » autour d’elle…

Êtes-vous déjà tombée en « panne » de sons ?

Oui, ça m’est arrivé lors d’un concert au Botanique. Au moment d’entrer en scène, plus aucune plante ne répondait, alors qu’elles étaient dynamiques une heure auparavant. Cela peut être lié à leurs émotions, une certaine timidité, le fait d’être chamboulées, ou encore un épuisement. Afin de tester mon système, j’ai été chercher une plante dans un bureau, et celle-ci fonctionnait parfaitement. Après une vingtaine de minutes, les autres se sont remises à « chanter ». 

Ce que je peux dire, c’est que les plantes qui ont l’habitude de faire des concerts poussent mieux ! Lorsque la salle le permet, je propose aussi aux spectateurs de toucher les plantes. On constate alors que certaines personnes sont réceptives aux vibrations des plantes, et d’autres pas du tout. C’est peut-être tout le secret des fameuses « mains vertes »… 

Photo by @alexandracolmenarescossio

Comment réagir face à une plante qui refuse de « chanter » ?

L’intention et la bienveillance sont primordiaux. D’ailleurs, les plantes d’intérieur considérées comme des objets, qui ne sont pas sollicitées, ont tendance
à s’endormir… Les paroles et l’amour sont capitaux pour que les plantes donnent le meilleur d’elles-mêmes… 

 @paulinemiko

 pluiesmusic

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