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Pesticides, il faut agir immédiatement !

Pesticides, il faut agir immédiatement !

Le fondateur d’écolo, vient de sortir, avec Maria Denil, l’ouvrage “En finir avec les pesticides”. Le docteur en sciences physiques et militant écologiste présente ici un véritable plaidoyer pour l’interdiction des pesticides de synthèse accusés d’être responsables de problèmes sanitaires graves et de l’effondrement de la biodiversité.

Rencontre avec Paul Lannoye

Sénateur et ensuite député au Parlement européen de 1989 à 2004, Paul Lannoye a fondé en 2004 le Groupe de Réflexion et d’ActionPour une Politique Écologique(Grappe asbl). Dans son dernier ouvrage, «En finir avec les pesticides», l’ancien parlementaire évoque l’utilisation massive depuis les années1950 de ces produits toxiques. Mais aussi les législations nationale et européennes qui permettent le maintien ou la mise sur le marché de substances aujourd’hui reconnues comme « dangereuses ».

Paul Lannoye

Nier, minimiser, accepter,… recommencer !

« Au fil des années, certaines substances particulièrement nocives ont été retirées du marché, mais elles ont laissé la place à d’autres familles de pesticides, présentées à tort comme acceptables. Or, elles s’avèrent finalement tout aussi problématiques pour l’environnement et la santé (néonicotinoïdes et fongicides SDHI), s’indigne Paul Lannoye. Le programme actuel est toujours le même : dans un premier temps, on nie la dangerosité d’un produit. Ensuite, on minimise son danger, et enfin, on reconnaît qu’il n’est pas idéal. Tout cela permet de gagner du temps. Un temps précieux pour les industries, qui trouveront des astuces pour ne pas retirer du marché le produit nocif avant d’en avoir trouvé un substitut, tout aussi toxique.» Un véritable cercle vicieux dont la logique convient aux multinationales, mais menace le vivant. « Elle compromet en outre gravement la santé de nos enfants et des enfants à naître.»

L’agroécologie pour sauver le vivant

La solution, parce qu’il y en a heureusement une, tiendrait en « une reconversion rapide et généralisée de l’agriculture industrielle vers l’agroécologie et l’agriculture biologique. Tout cela en éliminant tous les pesticides de synthèse. »

Pour Paul Lannoye, pour y parvenir rapidement, « parce que nous n’avons plus le temps d’attendre », il y a lieu de poser des actions concrètes. « Cela signifie subsidier davantage la reconversion vers l’agriculture bio, et supprimer l’agréation à des produits dangereux qui sont aujourd’hui toujours autorisés. Nous avons les ressources morales et intellectuelles pour réagir face à une telle situation, mais il faut rester lucides et proactifs. Il y va de la santé des futures générations. En effet, les enfants à naître sont les premières victimes de l’utilisation massive des pesticides, qui imbibent aujourd’hui profondément notre environnement, notre terre et notre eau. »

Nous voulons des coquelicots pour la fin des pesticides de synthèse en Belgique

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des inferti¬lités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers. Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans ; la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards ; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde ! Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection. Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides de synthèse dans notre pays. Assez de discours, des actes.

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