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L’après-confinement favorisera-t-il le zéro déchet ?

L’après-confinement favorisera-t-il le zéro déchet ?

Le confinement a réduit nos émissions de CO2. L’air est plus respirable, la faune, la flore et toute la planète se portent mieux ! Il y a un engouement pour les circuits courts, beaucoup d’initiatives pour aider les petits producteurs à écouler leurs récoltes… Alors, adopterons-nous tous un comportement plus écolo après la pandémie ?

Nous avons posé la question à Jérémie Pichon, le papa de la famille zéro déchet !

Crédit photo : LaureB

On parle beaucoup d’un après-Covid-19… En effet, cette crise n’est-elle pas l’occasion d’adopter une réelle politique de préservation de l’environnement ? 

Selon Jérémie Pichon, l’auteur des ouvrages Famille zéro déchet (2016) et Famille en transition écologique (2018), le passage à l’acte, pour une planète et des êtres humains préservés, s’effectuerait en plusieurs phases.

« La première est la prise de conscience. Elle est aujourd’hui acquise par la majorité d’entre nous, car elle est en cours depuis une vingtaine d’années. » 

La deuxième étape, loin d’être intégrée, serait le passage à l’acte en tant que tel.

« Les gens ont compris les limites du système capitaliste, mais ne sont pas encore prêts à changer leurs habitudes, car nous vivons dans une logique de travail, de croissance, de consommation. Je dirais quand même qu’aujourd’hui, 5 à 10 % de la population est déjà passée à l’acte, mais ce n’est pas suffisant. Je pense malheureusement que la fin du confinement ne va pas améliorer les choses, car les gens ont été privés de consommation, ils ont perdu de l’argent… Ils vont vouloir rattraper tout ça très vite… 

Dans l’histoire de l’humanité, on a vu que les grands changements ne survenaient que lors de grosses crises, lorsque l’homme était poussé dans ses derniers retranchements et n’avait plus le choix. Pour moi, les améliorations viendront de l’échelle locale : les maires, les bourgmestres, pourront mettre en œuvre des initiatives pour favoriser la production, la consommation locale, etc. Ça irait plus vite si cela s’effectuait à l’échelle nationale, mais les États sont aujourd’hui trop corrompus pour que la solution vienne de là… » 

Les exemples de Détroit et de Roubaix

Certaines villes ont déjà passé certains caps, poussées par les événements.

« Après la crise de 2008, Détroit a mis au point des solutions créatrices et écologiques, car les habitants, très pauvres, devaient survivre. Ils ont donc fait preuve de créativité avec notamment la mise en place de jardins urbains. Roubaix, la ville la plus pauvre de France (une personne sur deux y gagne moins de 800 euros/mois) a également lancé le zéro déchet dans les quartiers populaires, ce qui réduit les coûts généraux (on consomme moins et mieux en préservant sa santé). » Autant d’exemples qui montrent que tout est possible… 

« En calculant l’empreinte carbone de tout ce que nous consommons, nous avons par ailleurs réalisé que la plus grande dépense provenait de nos économies qui “dormaient” à la banque. En fait, les banques, grâce à notre épargne, financent tout ce qui nourrit le système consumériste : l’aviation, l’automobile, l’extrait de charbon en Allemagne…
Alors que nous pourrions utiliser notre argent de façon vertueuse par le biais du financement de maraîchers locaux, de l’écoconstruction locale, des énergies renouvelables… »
À bon entendeur…

Alors, comment réduire ses déchets ?

Passer du jour au lendemain au zéro déchet est pratiquement impossible.
En effet, réduire ses déchets est un processus progressif alimenté par de nouvelles habitudes que l’on intègre petit à petit dans nos routines quotidiennes.

« Pour ma famille – quatre personnes – le processus a pris plusieurs années : une poubelle par semaine au départ, une par mois la 2e année, 1 par semestre la 3e année, et aujourd’hui un simple bocal annuel… » Pour y parvenir, Jérémie Pichon préconise le compost pour les déchets organiques, et le bannissement des supermarchés. « Pour supprimer les emballages alimentaires, il suffit de se rendre chez les petits producteurs locaux avec ses propres contenants, d’opter pour des produits consignés… Par la même occasion, on bénéficie de produits non transformés (meilleurs pour la santé), au goût authentique, tout en réalisant des économies (le marketing nous fait acheter une foultitude de choses dont on n’a pas besoin lorsqu’on se rend dans un supermarché). Tout cela en faisant vivre nos petits producteurs locaux plutôt qu’en enrichissant les multinationales. » 

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