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Immunité, un équilibre à cultiver

Immunité, un équilibre à cultiver

Cet article ne remplace en aucune façon une consultation chez un médecin. Les remèdes naturels ne sont pas dénués de précautions d’emploi, de contre-indications et d’interactions médicamenteuses pour lesquelles il convient de demander conseil à votre médecin.

Le fonctionnement de notre système immunitaire est complexe. Petite présentation en quelques lignes.

Plusieurs barrières « montent la garde » aux portes de notre corps : la peau, les muqueuses et leurs sécrétions constituent des barrières physiques et chimiques. Si un agent pathogène s’introduit dans le corps, les globules blancs l’attaquent : cette réaction est non spécifique.

D’autres réactions du système immunitaire sont spécifiques : un micro-organisme (possédant un code génétique particulier) provoque une réponse : les lymphocytes produisent des anticorps et mémorisent l’identité de « l’agresseur ».

70% des cellules chargées de notre immunité sont situées dans l’intestin grêle

Certains lymphocytes s’attaquent aux virus ou bactéries en circulation, d’autres détruisent les cellules déjà infectées. Malgré cette vision quelque peu « guerrière », il ne s’agit pas uniquement de combattre les micro-organismes, mais surtout de préserver un équilibre. Notre organisme héberge dix fois plus de bactéries que de cellules. On connaît l’importance de la flore intestinale, rebaptisée « microbiote ».

Environ 70 % des cellules chargées de notre immunité sont situées dans l’intestin grêle. Il ne s’agit donc pas seulement d’un organe de digestion et d’absorption, mais aussi d’un organe immunitaire majeur. L’état de notre terrain est donc fondamental.

Les principaux facteurs qui influencent notre immunité 

L’alimentation 

Qu’est-ce qu’une alimentation équilibrée ?

La réponse doit certes être individualisée, mais certains principes sont valables de façon générale.

  • Faire un large usage des aromates et épices : persil, cerfeuil, ciboulette, coriandre, basilic, curcuma, gingembre, cannelle, galanga… riches en vitamines, antioxydants et oligo-éléments.
  • Éviter au maximum les produits industriels transformés. Manger local et de saison 
    Le développement des circuits courts et groupements d’achat permet de se fournir en aliments de qualité à un coût accessible. Les pesticides et autres polluants entravent le bon fonctionnement de notre métabolisme, il est donc important de choisir des aliments n’ayant pas subi de traitements élégamment désignés comme « phytosanitaires ».
  • La suralimentation surcharge notre organisme  : en général, nous mangeons trop. Le grignotage est particulièrement néfaste : le système digestif n’est jamais au repos, le flux sanguin dérivé en permanence vers les organes digestifs n’est pas disponible pour les autres organes. Attention en particulier aux excès de sucre. Consommer des aliments fermentés pour leur apport en probiotiques qui aident à rétablir l’équilibre bactérien de notre intestin. (NdlR : voir article sur la lacto-fermentation en page 30.)
  • La vitamine C est présente dans les légumes d’hiver tels que les choux et autres crucifères (notamment le cresson) ainsi que dans les céréales germées, le persil et autres herbes condimentaires, les légumes lacto-fermentés…
  • Une erreur assez fréquente est de consommer trop d’agrumes, particulièrement sous forme de jus. Ils sont réputés riches en vitamine C mais risquent d’affaiblir l’organisme en puisant dans nos réserves minérales. Les tempéraments frileux ont beaucoup de difficultés pour les métaboliser. Ces fruits proviennent de climats chauds et ne sont pas adaptés à une consommation importante en climat froid et humide.
  • Les flavonoïdes agissent en synergie avec la vitamine C.
    Ils possèdent des propriétés antivirales, anti-inflammatoires et anti-allergiques. On les trouve principalement dans les fruits et légumes colorés. Le cynorrhodon, l’argousier, le cassis et l’acérola sont riches en vitamine C et en flavonoïdes.
  • La vitamine D joue un rôle essentiel pour l’immunité, les sources alimentaires pour la forme active (D3) sont principalement les poissons gras et les œufs. Mais la synthèse de la vitamine D se faisant avant tout par l’exposition au soleil, nous sommes souvent dans un état de carence nécessitant une complémentation.
  • Le magnésium, avec ses innombrables fonctions métaboliques. Régalons-nous avec les oléagineux (surtout les amandes), les fruits secs tels que figues et bananes… aussi les légumineuses, sardines, céréales, légumes frais. Et le chocolat, à condition de le choisir à 85 % de cacao et de ne pas en abuser !

L’hygiène de vie

  • Faire de l’exercice physique (modéré mais régulier) au grand air afin de bien s’oxygéner.
  • La qualité du sommeil est importante pour une bonne immunité. D’ailleurs, l’hiver est une saison où nous avons besoin de plus de repos. Notre système immunitaire est en étroite relation avec le système nerveux, comme le démontrent des études en psycho-neuro-immunologie. 
  • Il est essentiel de veiller à notre équilibre émotionnel : être attentif aux pensées que nous cultivons et à ce qui peut influencer notre niveau d’énergie, accueillir nos émotions sans nous laisser submerger, apprendre à nous relaxer… 
  • Une pratique un peu oubliée : les gargarismes. Pour un effet adoucissant, on peut utiliser une infusion de calendula ou de mauve. 
  • Les inhalations aident à dégager les sinus congestionnés : feuilles d’eucalyptus, de thym, de menthe… Veiller à rester dans une pièce chaude après l’inhalation. Les cataplasmes d’argile peuvent freiner l’évolution d’une infection.

Phytothérapie et compléments alimentaires

Quelques plantes à préparer en infusion

  • Le thym est antiseptique, expectorant et antispasmodique.
  • La camomille matricaire est anti-inflammatoire et antiseptique.
  • La mauve et la guimauve sont émollientes et antitussives.
  • Le bouillon blanc est émollient et expectorant, tout en calmant les irritations dues à la toux.
  • Le romarin est réchauffant et tonique.
  • La sauge est un bon antiseptique, réputée pour les affections de la bouche et de la gorge.

Pour ces deux dernières plantes, tenir compte de l’effet œstrogène-like.

Parmi les plantes sauvages de nos régions

  • Le lierre terrestre (ne pas le confondre avec le lierre grimpant !) est immuno-modulateur et antiseptique, il dégage les voies respiratoires et soigne la toux.
  • Le sureau, immunostimulant et sudorifique, est un bon remède pour les rhumes et états grippaux.
  • La reine des prés aide à soulager la fièvre et les douleurs.
  • Le plantain recèle de nombreuses vertus : anti-inflammatoire, antitussif, mucolytique, anti-histaminique et spasmolytique. La plante fraîche est antibactérienne et immunomodulante. 
  • De par sa richesse en vitamines, flavonoïdes, minéraux et acides aminés essentiels, l’ortie fortifie l’ensemble de l’organisme et module le système immunitaire.

Des plantes disponibles dans le commerce

  • Le géranium du Cap ou umckaloabo est immuno-modulant et antibactérien, particulièrement indiqué en cas de bronchite. Attention aux interactions avec les médicaments anticoagulants.
  • L’échinacea ne doit être utilisée que sur une courte période. Elle est contre-indiquée en cas de maladie auto-immune, sclérose en plaques et autres maladies évolutives, ainsi que pour les femmes enceintes ou allaitantes.
  • Les plantes adaptogènes travaillent en profondeur et sur le long terme ; beaucoup d’entre elles sont anti-infectieuses et immunostimulantes, notamment l’astragale, le ginseng, l’éleuthérocoque, le shiitaké, l’ashwaganda…

La gemmothérapie concentre tout le potentiel du végétal

  • Le cassis est tonique et soulage l’inflammation.
  • L’églantier (rosier sauvage) est immunostimulant (en usage prolongé de 3 à 6 mois) et aide à la régénération des muqueuses.
  • L’aulne glutineux a des propriétés asséchantes, utiles lorsqu’il y a des écoulements épais, voire purulents ou des toux grasses.

Les compléments alimentaires 

  • La N-acétylcystéine participe à détoxifier le foie et est anti-oxydante. Elle fluidifie les sécrétions des bronches, aide à mieux expectorer, soulage les toux grasses, dégage les sinus encombrés.
  • Les minéraux et oligo-éléments, notamment le zinc, le cuivre, le manganèse et le sélénium sont nécessaires pour assurer de bonnes défenses immunitaires. Par contre, le zinc ne doit pas être pris pendant un épisode infectieux.
  • Le miel est antibactérien, riche en vitamines et minéraux, il ne faut néanmoins pas en abuser puisqu’il est très sucré. La propolis est anti-infectieuse et renforce l’immunité, elle soulage les maux de gorge. Autre produit de la ruche, le pollen assainit les intestins et renforce la flore grâce aux ferments qu’il contient. La gelée royale stimule les défenses de l’organisme, mais sachant que cette substance est indispensable pour la survie des abeilles, actuellement en danger, mieux vaut se tourner vers d’autres solutions.
  • L’extrait de pépins de pamplemousse est antibactérien et augmente la résistance de l’organisme. Il faut le choisir sans conservateurs (voir dans la composition les ingrédients de type triclosan ou chlorure de benzethionum).

Les huiles essentielles

Leurs propriétés ne sont pas toujours identiques à celles des plantes dont elles sont issues : d’une part à cause de leur très forte concentration et, d’autre part, parce qu’elles ne contiennent qu’une partie des composants de la plante, isolés de la synergie initialement présente dans la nature.

L’aromathérapie connaît un grand succès mais n’oublions pas que la production des huiles essentielles exige des quantités impressionnantes de plantes et que la pression sur certaines espèces est telle que leur survie en est menacée. 

Il est donc important de bien s’informer et de les utiliser à bon escient. Selon leurs propriétés, les huiles essentielles seront utilisées en inhalation, diffusion, friction ou massage ou (rarement et pour une courte période) en interne. Elles doivent toujours être diluées. 

Dans le cas d’un usage interne, tenir compte de la toxicité hépatique des molécules de phénols présentes notamment dans le thym à thymol ou à carvacrol, l’origan compact, la sarriette, la marjolaine ou le laurier noble… Les cétones sont toxiques pour le système nerveux : citons notamment l’eucalyptus globulus, l’hysope, l’hélichryse… 

Plusieurs huiles essentielles peuvent avoir une action hormonale : notamment la sauge sclarée, le niaouli, l’anis, le fenouil, le romarin…  En cas de pression artérielle trop élevée, éviter notamment l’usage de la menthe poivrée, du thym, du romarin et de l’origan. N.B. : ces listes ne sont pas exhaustives. Beaucoup d’huiles essentielles sont à proscrire pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

N’hésitez pas à consulter un aromathérapeute sérieusement formé.

  • Le citron est purifiant, tonique et antiseptique. Attention à la durée de conservation limitée des essences d’agrumes.
  • Le ravintsara est immunostimulant et antiviral, fluidifie
    le mucus et aide à expectorer.
  • Le saro présente une composition similaire. Tous deux conviennent en usage cutané ou en interne et en inhalation. Bonne synergie avec l’eucalyptus radiata, excellent décongestionnant respiratoire et expectorant.
  • Le tea tree possède un large spectre d’action : antiviral, antifongique, antibactérien, immunostimulant. Il présente également une bonne tolérance cutanée.
  • Parmi les thyms il existe plusieurs chémotypes, tous anti-infectieux. Le thymol est très caustique : pas d’usage cutané ni en aérosol. Le thujanol et le linalol sont beaucoup plus doux, tout en ayant de très bonnes propriétés antibactériennes, antivirales et antifongiques.
  • Le niaouli est expectorant et mucolytique, indiqué notamment pour les maux de gorge. Tenir compte de son effet œstrogène-like. De composition proche mais avec un parfum plus frais, le cajeput est purifiant et stimulant, il a également une action œstrogène-like.
  • Le pin sylvestre est antiseptique respiratoire, expectorant et balsamique

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